Il y a des gardiennes qui arrêtent des ballons. Et d’autres qui arrêtent le temps.
Depuis plus de dix ans, Laura Glauser évolue à l'un des postes les plus exigeants du handball. Gardienne de l'équipe de France, Championne du monde, référence européenne. Elle a construit sa carrière sur une lecture du jeu presque instinctive, une présence rassurante et une capacité rare à rester lucide dans les moments décisifs.
Mais derrière les arrêts réflexes et la concentration imperturbable se cache une trajectoire plus intime — celle d'une athlète qui apprend à se connaître autant qu'à performer.

À 32 ans, Laura traverse un moment particulier de sa carrière. Une blessure, une opération, puis des mois loin du terrain. Une parenthèse inattendue qui aurait pu être vécue comme un arrêt brutal. Elle en a fait un temps de recul.
Ce temps loin du handball ne l’a pas seulement éloignée de la compétition. Il l’a rapprochée de l’essentiel.
Rencontres, discussions, observation du monde extérieur au sport de haut niveau : cette période lui a permis de redonner du sens à ce qui l’anime depuis toujours. Revenir sur le terrain, oui — mais avec un regard différent, plus apaisé, plus lucide.
À ce moment de sa carrière, Laura Glauser n’est plus seulement une gardienne qui accumule les arrêts. Elle est devenue une joueuse qui comprend le jeu différemment. L’expérience, les titres, mais aussi les moments plus fragiles ont façonné une manière d’aborder la performance avec plus de distance.
Sur le terrain, cela se traduit par une présence toujours aussi intense, mais plus maîtrisée. Une lecture du jeu encore plus fine. Et cette capacité rare à rester calme dans les instants où tout peut basculer.
Parce qu’au poste de gardienne, chaque duel est une histoire de temps : celui qu’on gagne, celui qu’on anticipe, celui qu’on ralentit.
Et peut-être que c’est là que se joue la différence.
• Qu’est-ce que tu lis en premier chez une tireuse, presque instinctivement ?
Je regarde sa course, sa manière d’être, sa façon de sauter. Ce sont tous ces petits détails que j’apprends à lire au fil du temps.
• Est-ce qu’après toutes ces années, tu peux encore être surprise ?